Nos convictions

L’économie et l’éthique seraient-elles deux notions inconciliables ?

À la lecture des sondages, l’opinion publique française, à l’instar de chacun d’entre nous, se révèle volontiers schizophrène : prête à s’émouvoir et à condamner les pratiques peu glorieuses des grandes entreprises oublieuses de règles éthiques qui s’imposent d’évidence à nous comme universelles ; mais prête aussi à refermer rapidement les yeux, gagnée par une sorte de cynisme et de fatalisme.

Condamner et accepter, à tour de rôle et à géométrie variable, une bonne façon en somme de ne jamais se fixer de ligne jaune et de tout s’autoriser avec bonne conscience.

Consommateurs et citoyens, entreprises et dirigeants politiques doivent prendre conscience de l’avancée inévitable du développement économique éthique, y compris à l’international. Comment justifier sinon que des entreprises françaises, qui prônent leurs valeurs et leur respect de la RSE en France, les oublient vite dans des pays bafouant les libertés fondamentales. Comment justifier autrement que l’un des dirigeants d’un grand groupe français déclare sans état d'âme : « Moi, les droits de l’homme, je les prends vraiment en compte tous les matins et tous les soirs quand je me couche et le week-end quand je ne travaille pas. »

N’est-il pas temps de réussir à tracer, sans angélisme, une voie qui permette de ne pas opposer grossièrement et hypocritement la « méchante économie » et les « bons sentiments » ?

N’est-il pas temps de considérer sans ombrage que l’économie est une formidable machine à émanciper, à libérer, à décloisonner, à démocratiser, mais à la condition, pour qu’elle le soit pour tous, qu’elle sache s'appuyer sur un minimum d’éthique ? Et refuser de transiger avec cela.

L’IDEE aspire à partager cette ambition, à ouvrir cette voie, en sachant se faire, ici et là, la voix des ONG et des observateurs avisés, mais aussi celle des décideurs économiques et politiques quand ils savent joindre les actes à la parole. Il ne s’agit pas de distribuer bons et mauvais points, mais de rappeler et de relayer, pour qu’ils ne tombent pas dans l’oubli, des faits incontestables et de les confronter factuellement à nos valeurs.

Le respect de la dignité humaine, la protection de l’enfance, la préservation de l’environnement, la sûreté des populations, l’intégrité des territoires et le souci de la paix… Autant de sujets qui méritent d’être posés et débattus à la lumière aussi de nos ambitions économiques internationales.